Congestion du réseau : comment une batterie microgrid soulage votre raccordement

La liste d’attente pour un nouveau raccordement, ou un raccordement plus puissant, ne cesse de s’allonger. Fin juin 2026, 1 066 demandes de raccordement au réseau ORES étaient encore en attente en Wallonie. En mai dernier, le gouvernement wallon a bien approuvé un avant-projet de décret sur les raccordements flexibles et la priorisation, afin de mieux exploiter la capacité existante en attendant des investissements structurels. Mais le problème reste : l’industrie, la mobilité et le chauffage s’électrifient plus vite que le réseau ne peut suivre.
Pour les entreprises qui souhaitent se développer, s’électrifier ou installer de nouvelles infrastructures de recharge, le choix est simple : attendre, ou trouver un moyen de continuer à travailler avec leur raccordement actuel. C’est précisément ce que permet la batterie microgrid.
Là où se situe vraiment le problème : non pas votre consommation, mais votre pointe
La congestion du réseau concerne rarement votre consommation moyenne. Elle concerne la pointe : le quart d’heure où compresseurs, chargeurs et machines démarrent en même temps et où votre demande dépasse largement la capacité de raccordement contractuelle. C’est cette pointe qui détermine si vous tenez dans votre raccordement, ainsi qu’une bonne part de votre tarif capacitaire.
Une batterie ne résout pas ce problème en fournissant plus d’énergie, mais en lissant la demande de pointe : c’est l’écrêtage de pointe (peak shaving). Elle absorbe la charge de courte durée et l’assure elle-même, de sorte que le réseau ne voit que votre consommation de base.
Contrats flexibles : plus rapides, mais sous condition
Les gestionnaires de réseau proposent de plus en plus souvent des contrats de raccordement flexibles. En échange d’un tarif plus avantageux ou d’un accès plus rapide au raccordement, vous acceptez que la capacité disponible soit limitée aux moments de forte charge. Certains contrats vous garantissent votre pleine capacité la plupart du temps et ne vous demandent de réduire votre consommation que lorsque le réseau est sous tension. Dans les deux cas, un contrat flexible peut vous permettre d’être raccordé malgré la file d’attente.
Mais toutes les entreprises ne peuvent pas simplement réduire leur consommation. Beaucoup d’utilisateurs du réseau n’ont aucune solution de repli pour les heures pendant lesquelles ils ne peuvent pas prélever d’électricité, ou ont des processus qui ne peuvent pas s’arrêter du jour au lendemain. Une batterie placée derrière votre raccordement est précisément cette solution de repli.
Un exemple concret
De nombreuses PME et sites de production wallons disposent d’un raccordement standard de 56 kVA, prévu à l’origine pour l’éclairage, le matériel de bureau et des machines légères. Dès que l’entreprise souhaite installer des bornes de recharge pour sa flotte ou ajouter un procédé énergivore, la puissance réellement appelée grimpe toutefois vite à 300, voire 500 kVA. Une demande de capacité supplémentaire auprès d’ORES ou de RESA rejoint la même liste d’attente que tout autre dossier de renforcement du réseau, avec un délai de traitement qui, vu le retard actuel, peut se chiffrer en années.
Une batterie de 1 MWh d’une puissance de 500 kW change la donne. La batterie combine plusieurs sources d’énergie en entrée et restitue la puissance demandée en cas de besoin. Dans ce scénario, cela se passe ainsi :
- Charge continue depuis le réseau (56 kVA) : la batterie prélève une puissance constante et faible sur le raccordement existant, largement dans la limite autorisée de 56 kVA, répartie sur les heures sans pointe de demande.
- Énergie solaire comme source supplémentaire : en journée, une installation solaire complète la charge de la batterie sans solliciter davantage le raccordement, et sans devoir réinjecter l’excédent de production dans un réseau qui n’a de toute façon pas de place pour l’accueillir.
- Décharge lors des pointes (jusqu’à 500 kW) : dès que les bornes de recharge ou le procédé appellent de la puissance, la batterie la fournit elle-même, jusqu’à 500 kW simultanément. L’entrée et la sortie étant séparées, le réseau ne voit que le courant de charge lent et continu de la batterie, et non la pointe des bornes de recharge.
- Diesel en backup : en période de faible ensoleillement et de forte demande, un petit groupe électrogène diesel peut intervenir comme troisième source d’entrée, afin que la batterie reste suffisamment chargée.
Ainsi, le même raccordement de 56 kVA couvre une puissance réellement appelée de 300 à 500 kVA, sans renforcement du réseau et sans liste d’attente.
Pourquoi une batterie microgrid est si rapide à mettre en œuvre
Une batterie microgrid de C-battery est conçue pour ne jamais réinjecter d’énergie dans le réseau. Cela peut sembler un détail, mais c’est précisément ce qui accélère le processus. Une étude de réseau et un tableau de découplage du réseau sont généralement requis lorsqu’une installation peut réinjecter du courant, pas lorsqu’elle ne le fait jamais par conception. Comme la batterie exclut cette possibilité, toute cette étape d’approbation administrative et technique disparaît dans la plupart des cas.

Un dossier de renforcement du réseau peut aujourd’hui prendre des années, et un nouveau raccordement se place au bout d’une file de plus de mille dossiers. Une batterie microgrid ne dépend pas du réseau. Pour les entreprises qui veulent s’électrifier, s’agrandir ou installer une infrastructure de recharge dès maintenant, c’est la différence entre démarrer aujourd’hui et attendre des années.

Attendre n’est pas la seule voie
Le réseau wallon ne sera pas résolu du jour au lendemain, et la liste d’attente pour les nouveaux raccordements continuera de s’allonger pour un temps. Les entreprises qui souhaitent croître dès aujourd’hui dans les limites de leur raccordement existant n’ont pas à attendre. Une batterie microgrid correctement dimensionnée le permet, sans que vous ayez à modifier quoi que ce soit au réseau lui-même.